Hacksaw_Ridge_poster

 

 

ATTENTION SPOILERS !! 

 

          Hacksaw Ridge (en français "Tu ne tueras point") m'a bouleversé. Aux commandes de ce film de guerre Mel Gibson. Un très grand Mel Gibson. Il nous livre là un film grandiose (basée sur une histoire vraie), tant sur le fond que sur la forme, avec un excellentissime cast, dont Andrew Garfield, en tête d'affiche, qui est saisissant.

         

          Mai 1945. Seconde guerre mondiale. Nous suivons l'histoire de Desmond T. Doss (Andrew Garfield). Il s'agit d'un jeune homme proche de sa mère et très protecteur envers elle à cause, notamment, d'un père alcoolique et violent avec qui il entretient une relation quelque peu conflictuelle. Il décide, par la suite, de s'engager dans l'armée et part combattre les japonais dans le Pacifique. 

Il est le premier objecteur de conscience à avoir été décoré pour ses actions au combat. Objecteur de conscience signifie que Desmond a une foi très forte. Il agit en fonction de ses croyances. Il suit les préceptes et les écrits de la Bible dont un commandement en particulier "Tu ne tueras point". Ainsi, Desmond refuse de trahir sa parole envers Dieu et refuse de porter une arme, voire même de toucher (littéralement) un fusil. Il ne va, d'ailleurs, nul part sans sa bible, offerte par sa femme Dorothy (interprétée par Teresa Palmer). S'il s'est engagé ce n'est pas pour prendre des vies mais pour en sauver. Son rêve de gosse, qui était de devenir docteur, ne l'a jamais quitté et il veut devenir infirmier. 

Au départ, son arrivée dans l'infanterie n'est pas au beau fixe. De par ses croyances la majorité des soldats, en particulier un certain Ryker (Luke Bracey), le tyrannise ou du moins essaient de l'intimider. Même les chefs d'armée, joués par Sam Worthington et Vince Vaughn, souhaitent son départ. Ils vont d'ailleurs essayer par tous les moyens de le faire partir, de le dissuader de rester mais rien n'y fait et Doss s'accroche.

Il est clair que personne ne croit en lui. Tout le monde pense que cette "brindille" ne survivra pas sans arme une fois au front. Cependant, et malgré, un court séjour en prison pour son refus d'obéissance et quelques démêlés avec la cour martiale, Desmond est enfin autorisé à partir avec son infanterie en tant qu'infirmier.

 

           C'est à partir de ce moment que nous voyons vraiment le changement d'ambiance, de contexte. Nous perçevons à la perfection les changements de comportements et d'attitudes des soldats. Il y a l'avant et le pendant de la guerre. En effet, au début l'ambiance est assez bon enfant. Les soldats rient, blaguent... et puis nous commençons à sentir la tension de la guerre gagner les rangs petit à petit, et ce, jusqu'à l'instant où ils se retrouvent face aux corps déchiquetés des soldats qu'ils sont censés remplacer, où là la terreur les gagne officiellement.

L'atmosphère, devient grave, pesante. Nous sentons la peur s'installer. L'armée américaine tente inlassablement, après six tentatives infructueuses, de prendre la crête de Hacksaw Ridge, qui est tenue par les japonais. 

Or, comble de l'ironie, c'est justement la foi de Doss qui va les aider à s'en sortir.

 

           La première journée est un carnage. La situation, durant la deuxième, ne s'améliore pas. Au point qu'ils passent la nuit dans des trous d'obus au beau milieu de ce "no man's land". Au petit matin les japonais attaquent de nouveau toujours plus nombreux. Il y a des morts de partout, de nouveaux blessés.

Seulement voilà ; au moment où les américains battent en retraite et redescendent de la falaise, Desmond, lui, anéanti par la mort de son camarade Ryker, reste et décide d'aller rechercher les blessés. Toute la nuit, il va lutter pour aller récupérer des soldats et sauver des vies, et ce, à la barbe des japonais, toujours présents sur le terrain en train d'essayer de tuer les derniers survivants. En plus, pendant cette séquence, nous voyons bien que Desmond n'a vraiment aucune notion de la guerre en elle-même. Ce que je veux dire c'est qu'il n'a pas la même mentalité que les autres. Il est différent. Ainsi, il va aider un japonais blessé tout naturellement car selon la Bible "il faut aider son prochain".

 

         Au premier abord, il est vrai que nous pourrions croire que cela va être encore un énième film de guerre avec d'un côté les gentils et de l'autre les méchants. Or, ce film, derrière le message de guerre va plus loin et délivre d'autres messages encore plus importants. Ce long-métrage insiste sur le fait d'être soi-même, de ne pas avoir honte de montrer qui nous sommes. C'est à propos de la volonté, présent en chacun de nous, de la loyauté que l'on porte à nos convictions. Desmond, a montré un mental d'acier, une force surhumaine.  "Reste fidèle à ce que tu es et tu réussiras"...le message va assez dans ce sens là. Notons également que Desmond a sans doute voulu prouver à ceux qui ne croyaient pas en lui, à ses camarades, à ses supérieurs, à son père qu'il en était capable. Cela, va au-delà du simple surpassement de soi. Desmond voulait sauver des vies et c'est justement ce qu'il fait.

Après ce miracle, et cette nuit intense, tout le monde se rend compte de leur erreur. Ils portent désormais sur Doss un regard bienveillant, salutaire, respecteux. Ce respect il l'a gagné. Du coup, le lendemain au moment de revenir se battre, les soldats vont attendre que Desmond finisse de prier pour eux avant d'y aller. Et, visiblement, croire fonctionne puisqu'ils remportent cette bataille.

 

           Ce qui est fou dans ce film, ce qui est captivant, est le travail de réalisation. Le réalisme est ahurissant et poignant de vérité. Nous sommes immergés. Sur certaines séquences nous oublions complètement le monde extérieur. Nous sommes avec eux sur le champ de bataille. Nous arrêtons de respirer, on halète, on lâche des soupirs de soulagement, nous nous contractons de peur, nous sursautons... Les sensations et émotions ressenties sont incroyables et démultipliées. La joie, la peur, la tristesse...nous sommes assaillis par ce cocktail de sentiments. Il est même impossible de ne pas pleurer au moins une fois dans ce film. Par exemple, et j'ai même été surprise de moi-même, mais la scène où Ryker meurt, seulement quelques heures après s'être rapproché de Desmond, m'a beaucoup ému. D'ailleurs, à la fin, Doss, même après tout ce qu'il a fait cette nuit là, ne l'oublie pas et récupère son corps. Rien qu'à écrire ces mots j'en frissonne encore.

 

            Aussi, je tiens réellement à mentionner le talent d'Andrew Garfield. Il explose à l'écran, il est époustoufflant. Il est majestueux et sa prestation est touchante, vraie, crédible. Il y a même quelques surprises telles que Luke Bracey et Vince Vaughn qui nous avaient habitué, parfois, à des rôles plus légers (en tout cas pour le peu que j'ai vu où ils étaient présents au casting). 

 

            Enfin, le film se termine sur des photos, vidéos de la vraie vie de Desmond T. Doss avec en prime des témoignages touchants des proches ou de l'homme lui-même. La bande son, quant à elle, est juste remarquable et les musiques élèvent encore davantage ce petit bijou du septième art.